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Eradiquer
la torture au Sénégal
Saisie par la
famille de Alioune Badara MBENGUE sur des allégations sérieuses
d'actes de tortures ayant entraîné deux amputations
brachiales, la RADDHO a dépêché une équipe
d'enquêteurs au pavillon spécial de l'hôpital
Aristide le Dantec où il est interné.
Elle a pu recueillir
les informations suivantes :
Le jeune Alioune
Badara MBENGUE né en 1982 a été arrêté
et détenu depuis 1999 sans jugement. Après une altercation
avec des co-détenus, les gardes pénitenciers lui ont
fait subir des traitements cruels de 10 heures à 22 heures.
Les tortures atroces subies ont entraîné l'amputation
des deux bras du jeune détenu.
La torture et
autres traitements cruels, inhumains et dégradants constituent
un crime international que rien ne peut justifier :
Selon l'Article
2 de la Convention contre la Torture :
1. Tout Etat
partie prend des mesures législatives, administratives, judiciaires
et autres mesures efficaces pour empêcher que des actes de
tortures soient commis dans tout territoire sous sa juridiction.
2. Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu'elle soit, qu'il
s'agissent de l'état de guerre ou de menace de guerre, d'instabilité
politique intérieure ou de tout autre état d'exception,
ne peut être évoquée pour justifier la torture.
3. L'ordre d'un supérieur ou d'une autorité publique
ne peut être invoqué pour justifier la torture.
La Rencontre
Africaine pour la Défense des Droits de l'Homme (RADDHO)
- Condamne vigoureusement
ces actes odieux et approuve totalement la réaction de la
justice qui a mis sous mandat de dépôt les six gardiens
présumés coupables et qui est conforme aux dispositions
de la convention contre la torture ( Article 4) signée et
ratifiée par le Sénégal en 1989 ;
- Invite vivement les gardiens de prison qui sont en principe les
premiers protecteurs des droits des détenus à refuser
toute forme de complicité d'actes de torture, de traitements
cruels, inhumains et dégradant et à se conformer à
la loi
- Demande à l'Etat de prendre toutes les dispositions nécessaires
afin d'être en phase avec ses engagements internationaux vis-à-vis
de la convention contre la torture à savoir la prise en charge
complète de la victime, son indemnisation et sa réhabilitation
sociale
- Par ailleurs, le Jeune Alioune Badara MBENGUE qui fait l'objet
d'une détention illégalement prolongée depuis
quatre ans, doit être purement et simplement libéré.
Fait à
Dakar le 10 Avril 2003
Le Secrétaire Général de la RADDHO
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