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Tragique
dénouement d'un mariage très précoce
Informé
du dénouement tragique d'un mariage très précoce,
survenu le 24 mai 2002 à Sinthiou Bamambé, concernant
Melle Dieynaba Hamady SOW, une jeune écolière de douze
ans (12) en classe de CMI et son cousin.
L'Observatoire
des droits humains de la RADDHO de Saint-Louis a immédiatement
dépêché une délégation de deux
(2) membres sur les lieux pour s'informer de la situation.
La délégation
a pu recueillir les infirmations suivantes :
Le 25 mai 2002,
la jeune Dieynaba Hamady SOW passe sa nuit nuptiale avec son cousin,
elle tombe immédiatement malade, secouée par d'atroces
douleurs abdominales.
Le Samedi 31
mai 2002, la jeune enfant décède, " suite à
des lésions vaginales et une hémorragie entraînant
un début de paralysie des membres
.. " .
D'après
les informations recueillies sur le terrain, le mariage a été
célébré par ses oncles à l'insu du père
vivant en France, et contre la volonté de la mère
sérieusement préoccupée par le jeune âge
de sa fille.
Ce dénouement
tragique aurait peut-être pu être évité
si la jeune Dieynaba avait été transférée
à temps à l'hôpital de Ourossogui comme l'avait
recommandé l'infirmier de service.
Malgré
la profonde émotion qui s'est emparée du village,
c'est la loi du silence qui règne en maître, par crainte
d'éventuelles poursuites judiciaires.
L'Observatoire
des Droits Humains de la RADDHO de Saint-Louis exprime sa très
profonde préoccupation par rapport aux pratiques fréquentes
du mariage précoce qui constitue une atteinte intolérable
aux droits fondamentaux de l'enfant et en l'occurrence de la jeune
fille.
La RADDHO dénonce
vigoureusement ces pratiques qui violent les dispositions de la
constitution du Sénégal Art 7 et 18 ;
- du Code de
la Famille Art 108 et 111 ;
- de la Convention relative aux droits de l'enfant de 1990 ;
- de la Convention sur l 'élimination de toutes les formes
de discrimination à l'égard des femmes ;
- La Charte
Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples en son article 7
Invite les autorités
à ouvrir une enquête pour situer les responsabilités
et à prendre toutes les mesures pour que le droit à
la santé des populations ne soit pas violé selon qu'on
n'habite la capitale ou Sinthiou Bamambé.
La RADDHO invite,
l'Etat, la société civile, les chefs coutumiers et
religieux à engager une grande campagne de sensibilisation
pour mettre un terme aux drames consécutifs aux mariages
précoces.
Fait à
Dakar le 19 juin 2002
Le Secrétaire
Général
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